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Quand la justice protège les agresseurs et punit les mères …
En tant que thérapeute, j’aide régulièrement des mères qui tentent de protéger leurs enfants de leur père violent (physiquement mais aussi psychologiquement dans le cas de manipulation et d’emprise) et parfois incestueux.
Généralement, je constate avec impuissance et horreur que, lorsque ces femmes quittent le père de leurs enfants pour les protéger, lorsqu’elles dénoncent à la justice la maltraitance, les attouchements et l’inceste, la justice se retourne souvent contre elles et protège les agresseurs.
Ce qui motive cette « in-justice » ? le Syndrome de l’Aliénation Parentale (SAP), un concept inventé dans les années 1980 par le psychiatre Richard Garner dans un contexte où les tribunaux américains voyaient une augmentation des dénonciations d’abus sexuels sur enfants dans les affaires de divorce. Selon Gardner, qui tenait des propos minimisant la gravité de la pédophilie, beaucoup de ces accusations étaient “inventées” par des mères pour obtenir la garde des enfants.
Dès l’origine, sa théorie a donc servi à discréditer les victimes et à protéger les agresseurs et, pourtant, même si ce concept n’a jamais été reconnu scientifiquement, même s’il est dénoncé dans ses dérives par l’ONU et le Conseil de l’Europe, il continue à contaminer nos tribunaux.
Ainsi, aujourd’hui encore, quand une mère dénonce des violences, on l’accuse d’“influencer” son enfant. Le parent violent devient victime et la mère protectrice devient coupable.
En Belgique, la Ligue des Familles a recensé 59 décisions récentes où ce concept a été utilisé pour retirer la garde à des mères.
Il est temps d’ouvrir les yeux et de diffuser l’information pour faire en sorte que la justice cesse de brandir régulièrement un mythe qui punit celles qui protègent.
Croire enfin les mères, c’est aussi sauver les enfants.
Bérangère Lhomme – Absolem formations